[03] Troisième fiche

12 juin 2008 01:14 | Neutre | 0 commentaire

 


Kaìn-O-DEP 49446 Version 3.1 - 2 Avril 2006.

Et de trois. Oui, je pense bien que c’est ma troisième fiche. Enfin, la troisième niveau contenu, format, etc. Cela ne signifie pas que c’est uniquement la troisième fois que je l’édite !

Pourquoi j’ai voulu changer ? Premièrement, par envie de changement, tout simplement. Secondement, la dernière fiche en date était trop "délire", trop immature peut-être, trop "rigolote". Si je la change ça veut pas dire que je suis plus rigolo hein, simplement, je ne pense pas que cela reflétait ma personnalité la majeure partie du temps. Car oui, en ce moment je me trouve plus calme, plus posé, plus réfléchi peut-être… Moins enclin au "top délire", moins enclin à l’humour débile, bien que je le pratiquasse encore ces derniers temps. (Oui, j’aime le subjonctif, et je compte bien le montrer.)

Mais tu vois, lecteur, j’ai plus envie de mettre des petits icônes partout dans ma fiche pour faire joli et organisé, nan, je vais m’efforcer de faire des beaux petits pâtés de mots bien indigestes pour le plaisir de tes petits yeux ! Ainsi seuls les plus courageux et les plus hardis m’enverront un [Message] s’ils le souhaitent, après avoir lu l’intégralité de ma fiche !

Mais par où commencer ? Comment ne pas se répéter ?
Je commencerai par où commença ma vie, c'est-à-dire par le jour de ma naissance – non pas par un vagin, pour les petits rigolos –. Ce sera bref, car comme tout le monde je pense, je n’en ai aucun souvenir. Tout ce que je sais, c’est que je suis normalement né, sans incident, un 5 décembre 1987, vers 13h45, à la clinique du Parc, à Croix – mes parents habitaient Bondues à l’époque –.
J’eus une enfance plutôt normale, une maison, deux parents, une grande sœur, des animaux de compagnie, une scolarité continue et sans encombre, des amis… Mon seul manque, tout au long de mon enfance et de mon adolescence, aura sûrement été les filles. Non pas que je manquasse de filles dans mon entourage, non, je parle de fille au sens de petite amie. J'en parle plus amplement plus loin dans ma fiche, mais pour faire bref, j’ai aimé, j’ai beaucoup aimé, sans en recevoir pour autant le retour tant espéré par tous les amants.

 "Aucun thème ne peut égaler celui [de l’amour]  en intérêt, parce qu’il concerne le bonheur et le malheur de l’espèce, et par suite se rapporte à tous les autres" (Schopenhauer)

J’ai ensuite grandi, mais en âge, car la croissance fut loin d’être présente, sujet à moqueries de mes "petits camarades", que j’avais tort à toujours considéré comme tels, même après leurs propos. Encore au collège, ma taille et le timbre fluet de ma voix furent les principales causes de mes soucis, et c’était quasi quotidiennement que j’étais raillé, ce qui alluma en moi des feux de haine muette envers les coupables, envies contenues de poings dans la figure, pulsions refoulées de vociférations d’insultes. Ce qui cultiva en moi-même une sorte de paranoïa, encore présente maintenant, malgré ma prise de taille et la faible aggravation de ma voix, qui consiste à prendre tous les regards et tous les rires comme dirigés vers moi-même.
Mon être n’est qu’un trop plein de pulsions et désirs que je tente tant bien que mal de canaliser. "Tant bien que mal", car bien sûr, parfois, cela déborde. Deux solutions alors. Telle une casserole d’eau bouillante sur le gaz, ça fait des bulles, ça "mousse" et dégouline le long de celle-ci. Il me suffit alors simplement de baisser le gaz, et la pression redescend. Mais parfois, c’est la méthode dîtes de la cocote minute. Il y a beau avoir une soupape de sécurité, si celle-ci est mal réglée, à la fin, la cocote explose, et je n’ai plus qu’à en racheter une autre et prier pour que la soupape tienne mieux la prochaine fois.

Le refoulement est mauvais, je vous le dis. Mais malheureusement je pense bien que c’est la seule chose à faire pour votre propre sécurité et celle des autres, ainsi que leur bien-être. J’ai toujours été tourné vers moi-même. Non pas narcissisme, détrompez vous, loin de là, je parle d’introversion. Car oui, je suis généralement introverti. La plupart des choses que je peux émettre, je les redirige vers mon être. Je me parle. Je me hais. Je me fais mal. Cela évite que je haïsse trop fortement les autres. Cela évite que je fasse du mal aux autres. Ainsi j’ai appris à aimer la douleur, ce qui en soi est, au-delà d’être une névrose, un avantage. Si une chose me fait mal, je n’ai qu’à me dire que j’aime cela, et j’aime cela. Ca m’évite les plaintes inutiles.

 "La douleur est inévitable; les souffrances se chassent l'une l'autre; celle-ci ne vient que pour prendre la place de la précédente" (Schopenhauer)

alors mieux vaut vivre avec.

Ceux qui auront lu mes précédentes fiches, ou bien ceux qui me connaîtront un tant soit peu pourront être étonnés de mes propos, qui ne coïncident pas toujours avec l’image que je peux donner de moi-même. La cause actuelle de mon changement se résume en un prénom de trois lettres, qui n’est ni Zoé ni Léa. Mais dans un sens plus générale, car ce changement s’était opéré déjà bien avant, la cause actuelle de mon changement est, et nous y revenons encore, la gente féminine et le sentiment amoureux.
Pour tout vous dire, je n’ai, excluant les amourettes de maternelle, qui, en soit, ne représentent elles aussi qu’une unique expérience, eu qu’une seule et unique expérience amoureuse réciproque claire, et celle-ci a durée trois petites semaines. Le reste se résume en vulgaires baisers comme un client va aux putes, ou en réels sentiments à sens unique, ou bien encore, comme actuellement, en situations complexes, pleines, peut-être, de baisers – et ceux là bien loin d'être comparables à un client allant aux putes –, mais non plus pleines de réels sentiments totalement réciproques.

Et me voici en ce moment plongé en une histoire des plus compliquées, une des plus compliquées que j'ai connu, je pense bien. Avant, cela se résumait en "Je t’aime – Moi, pas". Actuellement, c’est "Je t’aime – Peut-être bien que moi aussi", pour résumer. Encore que le terme d’aimer soit impropre. Cette fille là, bien qu’elle ai un petit ami depuis bientôt un an et demi, n’aime pas ce mot, cette fille là n’aime pas les "Je t’aime". Pour elle l’amour vrai n’existe pas car, en gros, dès que l’on dit ne plus aimer, c’est que l’on n’a jamais aimé. Ainsi, on ne peut jamais réellement éprouver le vrai Amour – si j’ai bien compris son esprit complexe et quasi imperceptible –. Mais à cela je lui rétorquerais, comme Montherlant l’a dit,

 "[qu’] Il m'est arrivé quand même d'en avoir une certaine illusion [de l’amour], et les mots ‘d'amour’ que je prononçais étaient prononcés de franc coeur "

On ne peut peut-être pas ressentir tout le temps le Vrai Amour, mais du moins en avoir une certaine illusion.
Je pense que les sentiments peuvent se classer sur une ligne, qui, de gauche à droite, représente du plus bas au plus haut sentiment. L’Amour est l’extrémité droite de cette ligne, avec à sa gauche l’Amitié, et la Haine et ce qui s’y rapporte, à l’extrémité gauche. Ce que nous pouvons ressentir, ces  "illusions amoureuses" de Montherlant, se situent entre l’Amitié et l’Amour. Bien que ce ne soit l’Amour lui-même, c’est le sentiment le plus haut que l’on ai pu ressentir, au-delà de l’amitié, et on croit donc que cela est de l’Amour.
C’est ce que je ressens actuellement pour elle. C’est un sentiment plus fort que tous les précédents que j’ai pu ressentir, peut-être donc pas encore l’Amour lui-même, mais pour le moment le sentiment le plus élevé que je puisse connaître.

Je suis pessimiste, fataliste, velléitaire.

 "l'optimisme, quand il n'est pas un pur verbiage dénué de sens, comme il arrive chez ces têtes plates, où pour tous hôtes logent des mots, est pire qu'une façon de penser absurde ; c'est une opinion réellement infâme, une odieuse moquerie, en face des inexprimables douleurs de l'humanité"

 "La vie n'est pas là pour qu'on en jouisse, mais pour qu'on la subisse, pour qu'on s'en acquitte"
(Schop.)

Comme vous l’aurez remarqué, ma "philosophie", loin d’être la Positive Attitude de Lorie et Raffarin, est plutôt schopenhaueriste ! Je suis victime d’un énorme manque de volonté, de "gagne", et me laisse vite abattre par une situation, passif, attendant simplement que cela passe sans chercher à en résoudre la cause. Pour moi un problème n’est que temporaire, et, un jour, fini par se résoudre. Tout comme un sentiment amoureux, et il en va de même pour toute Passion, peut, à la longue, s’effacer.
Je me rappelle d’un cours de français sur la Tragédie où une fille de ma classe, qui en avait marre de voir toujours des "héros" menés et asservis par leurs passions, cherchait à connaître des pièces où les personnages seraient enfin libres de celles-ci, car elle jugeait les individus capables de se détacher des passions. Or, étymologiquement, "Passion" signifie "souffrir", "éprouver", "endurer", c'est-à-dire un ensemble d’état dans lequel l’individu est passif. Ainsi, par essence, on ne peut se détacher d’une Passion. Mais je juge une passion capable de s’élimer, de tendre à disparaître, voire totalement disparaître. Parfois par usure, lentement, parfois, pouf, du jour au lendemain, et cela restera toujours pour moi un mystère. Du jour au lendemain l’on se rend compte que tout ce qu’on a pu ressentir de si fort, ce que l’on jugeait être un état nouveau, inédit, sensationnel et qui ne disparaîtra jamais… a disparu, sans aucune raison apparente. Quelque chose pour laquelle on a tant souffert et pleuré, l’on en rit désormais.
Pleurer, oui, je l’avoue. L’Amour – du moins, son illusion – m’a rendu mou. Il m’a rendu plus sensible. Moi qui ne pleurait que rarement, voilà que j’ai pleuré trois fois ces deux derniers mois.

Pour en revenir à un égocentrisme pur et simple, et continuer à parler de moi - car je suis parti en de longues digressions -, je vais donc reprendre le cours de ma vie. Nous en étions, si je me rappelle bien, à mes années collège, les pires années de ma vie - et je pense que c'est le cas pour pas mal de monde -. Après le collège… le lycée, bien entendu !
Le lycée, rien de particulier à signaler. C'est la meilleure période scolaire close de ma vie (je dis "close" car la prépa lettres, malgré le boulot, s'annonce dans l'ensemble être une bonne année), sans encombre, sans emmerde, sans raillerie quotidienne, avec une petite amie (celle de trois semaine, bingo, je vois que y'en a qui suivent…). Enfin, quand je dis "sans emmerde", y'a bien eu une couille… Forcément, tomber amoureux de la petite amie de son meilleur copain, ça la fout mal. Mais bon, tout a fini par s'arranger, mes sentiments se sont usés pour finalement disparaître, et tout est rentré dans l'ordre.
Bac ES en poche, mention Assez Bien, je me dirige vers la prépa lettres, à Faidherbe, à Lille. C'est pas aussi pire que je le croyais, mais pour tout vous dire, j'en chie. 39ème sur 42 au 1er trimestre, ça fait *glups*. Alors je me suis vraiment, sérieusement mis au travail, j'ai bossé, bossé… et me voilà 35ème. A vrai dire j'attendais mieux, mais bon… Je vais m'efforcer de faire encore mieux pour le dernier trimestre, prouver que j'ai vraiment ma place en prépa et en seconde année (Khâgne Ulm option Anglais), mais pour ça, faut que je quitte à nouveau les mauvaises habitudes prises lors des blocages et manifs anti-CPE, c'est à dire de plus vraiment bosser…

Non seulement la prépa m'aura prouvé la valeur du travail, elle m'aura aussi complètement ouvert à l'Art et au Beau. Oh, bien sûr, j'y étais sensible déjà auparavant, mais la prépa n'aura fait qu'ouvrir encore plus large mon âme à ces deux concepts. La poésie (ma préférence va à celle des XVe et XVIIe siècle), les bons mots, les belles phrases, les sonorités, la langue, la portée d'un texte, son message… J'y suis bien plus sensible, et cela va de même pour le cinéma et les diverses formes de représentation.
Je ne vous cache pas non plus que ce n'est pas uniquement la prépa qui m'a fait m'intéresser à certains films, à certaines oeuvres… Mais encore belle et bien "Elle". Esthète, elle parle beaucoup de ces choses qui lui tiennent à coeur. Alors je l'écoute, et pour mieux en discuter avec elle, me renseigne, lit et relit, voit et revoit ces choses qu'elle apprécie. Si vous pouviez la voir en discuter, la voir débattre sur l'oeuvre et les thèmes touchés… C'est un vrai spectacle, et bien agréable… Tellement, que j'en reste bien souvent admiratif, et quasi muet, de peur de me retrouver si bas face à ses si hauts mots…

J'aurais encore tant de choses à vous dire, mais suis forcé au silence, et donc me tais…