[04] Quatrième Fiche
12 juin 2008 01:15 | Neutre | 0 commentaire
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- INTERNAT = LONGS COURRIERS -
╚════════════════════════╝
A y'est, le nouveau Kaìn V.4.0 est sorti.
Tout nouveau, tout chaud, pourtant C'EST LE MÊME.
Non, il n'a pas chanché.
Pour commencer, là, nous sommes le vendredi 6 octobre, il est 17:25, je suis dans ma chambre d'internat, à Faidherbe, et je m'écoute GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR.
Ouai, ça c'est cool comme début…
Ça montre le PERSONNAGE, tout ça… Parce qu'à partir de cette petite phrase, vous pouvez vous dire « oua, ce gars n'a pas cours le vendredi a 17h, ce gars est en internat à Faidherbe, donc en prépa, et il aime le Post-Rock ».
Et vous auriez raison.
Oui, j'avoue, le vendredi je fini a 16h, ça vous pose un problème ?
Et là, oui, je m'ennuyais tout seul dans ma chambre d'internat. A vrai dire, le boulot c'est pas ça qui manque en PREPA LETTRES (Khâgne Ulm), mais bon, là, une FLEMME phénoménale s'est emparée de tout mon être.
Et je me suis dis, Kaìn, t'as un PC portable allumé devant toi, avec dedans un traitement de texte, ça fait des mois que tu veux refaire ta FICHE parano, c'est le moment. En plus tu t'ennuies, ton voisindechambre-J-LIL 69904 il est pas là.
Enfin bref, là je refais ma fiche, je me bousille même des caractères pour le dire.
Je pense qu'elle se fera en plusieurs jets.
Je sais pas.
Bon, faut bien COMMENCER un jour, alors je vais vous avouer une chose : Kaìn, c'est pas mon vrai prénom.
Ça a même pas rapport avec le Caïn biblique. J'suis pas un ouf dans ma tête moi, je tue pas mon frère.
Bon, en même temps j'ai pas de frère… Mais c'est pas pour ça que je le tue.
Nan, moi j'ai une SŒUR, une grande. Enfin, en âge, parce que sinon j'la dépasse.
Ahaha.
J'en avais marre à la fin d'être le "PETIT"… Cet adjectif m'a toujours suivi, brr, je le HAIS.
« Allez p'tit gô » qu'y m'disait le moniteur de ski dans les Alpes.
« Mon petit lapin » qu'elle disait ma môman.
Et puis au COLLEGE le "petit" fut employé pour désigner ma voix… Ahaha, je me marre, c'est tellement drôle de se moquer des gens à propos de choses pour lesquelles ils ne sont pas coupables et ne peuvent rien faire.
Bande de SADIQUES.
Enfin, ils avaient pas tort quoi …
« Allo, Mme V***** ? - Nan, c'est son fils.»
¤ …tut… tuuuut… tut… ¤
Ça fait toujours plaisir.
Bon, après y'a eu la période « Allo, M. V***** ? - Nan, c'est son fils. - Oh, je t'avais pas reconnu !» Ça, ça fait toujours plaisir.
Alors vala, le Kaìn d'aujourd'hui il a UNE VRAI VOIX maintenant, apparemment. Quant à sa VOIE, j’aimerais tenter l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille après ma Khâgne.
Pis pour le PHYSIQUE y'a qu'à voir la galerie hein, je ne vais pas gaspiller encore plus de caractères que je n'en gaspille déjà pour vous dire que je ne vais pas en gaspiller en vous faisant une description de mon portrait aisément consultable et facilement plus reconnaissable sur une PHOTO. Surtout qu'il n'y a pas grand-chose à dire.
- « Et sinon ?
- Sinon…, Sinon…, j'en sais rien. C'est triste la musique que j'écoute là… Toujours GY!BE, j'en suis a Static, de Lift Your Skinny Fists like Antennas To Heaven, et bientôt ce sera Sleep. Ça me fait penser à toi. Pas forcément pour les paroles - il n’y en a pas - mais la musique me rend triste, et me fait donc par conséquent penser à toi… Tu crois que c'est ça qu'on appelle ΚΑΘΑΡΣΙΣ ? Ça me purge pas, ça m’enfonce… Ce n'est pas mieux, c'est pire. Et pourtant je continu à l'écouter, et pourtant je continu à être triste, tout comme je continu à penser à toi.
Deux syllabes, trois lettres,
Non pas la cause,
Mais la raison de mon Mal-être.
- Hey, tu sais que je n'aime pas quand tu fais cette petite tête là ? Mais moi, comme d’habitude, je ne sais pas quoi te dire… A vrai dire, je ne sais pas trop comment me comporter…
- A vrai dire, plus vraiment besoin de te comporter d'une façon ou d'une autre… Je ne te vois plus. Toi là-bas, Moi ici… Je ne te vois plus, je n'ai même plus ce plaisir… Quelques photos sur mon mur entretiennent ton souvenir, tes textos, ta lettre sur ma table de chevet… Ce sont les seules choses que j'ai de toi, les seules choses qui me font penser à toi. Ce sont les seuls "toi" que je puisse posséder, en réalité. Eux seuls, eux seuls…
"Hélas, ce vide, ce vide affreux que je sens dans mon sein!… je pense souvent : « Si tu pouvais une seule fois, une seule fois, la presser contre ce cœur, tout ce vide serait rempli.»"
- Et tu ne réponds même pas à ma dernière lettre, tu me dis que tu n'as rien à dire en ce moment…
- Et c’est vrai… Je m'ennui toute seule… Je ne fais rien… j'aimerais tellement être avec vous… Vous me manquez tous… Et tu me manques... Mais continu de m'écrire… Écris moi autant que tu veux… Ta dernière lettre m'a beaucoup plue…
- Écrire, oui, mais pourquoi ? Je n'ai à répondre à rien, car tu ne m'as rien répondu. A quoi bon ! Me répéter ? J'aurais peur de te décevoir…
- S'il te plaît, ne m'en veux pas… J'ai beaucoup envie de te lire, mais… tu sais, je garde des lettres que j'ai écrites il y a des années, et que je n'ai pas osé envoyer… Mais je suis désolée de ne pas t'avoir répondu, à toi… Mais à chaque fois que j'essaye, je ne répond pas totalement à ta lettre, et je parle pour ne rien dire…
- Alors parle donc pour ça, parle donc pour moi… Ces lettres sont les seules choses qui me rattachent encore à toi… Je ne te demande pas d'éloges ou d'élans comme je peux t'en donner, car je sais que c'est fini, car tu as voulu arrêter…
- Oui… Je sais… Excuse moi… Tu ne m'as jamais demandé grand-chose, et tu as voulu me donner tant… Mais je n'ai pas su, pas pu, pas voulu accepter… ne m'en veux pas pour ça non plus… Mais encore aujourd'hui, je crois, je sais, que ça n'aurait pas marché, même si, pourtant, j'ai vraiment passé de très bons moments avec toi, et je n'en regrette aucun…
- S'il te plaît, arrêtons là… La conversation je veux dire… Il n'y a de toute façon plus que ça à arrêter entre nous. Ça n'aurait pas marché, soit… Alors n'en parlons plus. Si tu penses que ça n'aurait pas marché, alors oui, ça n'aurait pas marché. Mais n'en parlons plus.
- D'accord…
- Alors Adieu, idole de mon cœur. Adieu.
- A bientôt… J'espère…
- A bientôt… peut-être. »
Jeudi 19 octobre 2006
Je prend soin de ta photo comme j’aurais pris soin de toi. Si un grain de poussière s’y dépose, alors je l’y retire en exhalant doucement mon souffle sur ta nuque, ou le repousse en caressant délicatement ta joue… Je prend soin de ta photo. Et je la regarde continuellement, inlassablement, pensif… Je ne devrais pas. Je ne devrais plus. A quoi bon m’attacher à toi ? Tu me manques. Il m’arrive parfois de ne pas penser à toi, mais dès que ton nom semble parvenir à mes oreilles, dès que les souvenirs remontent à la surface de ma claire conscience, alors je m’efface, alors je m’effondre. Je passe d’un état d’insouciance et de légèreté à un état passif et mélancolique. Mais je ne devrais pas… Je ne devrais plus…
Tu me manques, et je désirerais tant être à tes côtés, partager de nouveaux souvenirs, pouvoir t’écouter et plonger à loisir mes yeux dans les tiens, m’enivrer de ton parfum, de ton haleine, de ta voix… Mais ces désirs sont vains et voués à l’échec. Tu es là-bas, je suis ici. Je suis seul, tu es à ses côtés. Lui, est là, près de toi, pour goûter à ces félicités. Lui, est là pour partager ton sommeil et tes rêves. Tandis que moi, moi, j’erre seul dans ce vaste océan de douleur.
« Vainement, je tends mes bras vers elle, le matin, lorsque mal réveillé encore, je sors d’un pénible rêve; en vain, la nuit, je la cherche à mes côtés, lorsqu’un songe heureux et pur m’a trompé, que j’ai cru que j’étais auprès d’elle sur la prairie, et que je tenais sa main et la couvrais de mille baisers. Ah ! Lorsque, encore à demi dans l’ivresse du sommeil, je la cherche, et là-dessus me réveille, un torrent de larmes s’échappe de mon cœur oppressé, et je pleure inconsolable devant le sombre avenir qui m’attend ».
Alors pourquoi continuer à vivre ainsi ? Pourquoi vivre dans l’espoir d’un jour te revoir ? Pour réaffirmer mes sentiments pour toi, pour les revivifier ? A l’instant même je raccroche le téléphone, à l’instant même je viens de te dire au revoir et te souhaiter la bonne soirée… Si tu savais l’état dans lequel cette brève conversation me met ! Entendre ta voix… Si tu savais tout le bien que cela me fait… Pour me faire du mal ensuite ! J’en aurais embrassé le combiné, et le reposant j’aurais souhaité le claquer. Si je vais bien ? Bien sûr que non ! Et ce n’est pas parce que je te dis que ça va que ça va, bien au contraire. Tu me verrais les larmes aux yeux que je te dirais que je vais bien… J’ai été le seul à te dire que je vais bien ce soir… je suis peut-être bien le seul à réellement aller mal. Car les vérités les plus profondes sont celles que l’on avoue jamais.
Oui, je souhaite t’oublier, ne plus rien ressentir d’autre qu’une certaine heureuse nostalgie en repensant à ton image, non pas une triste amertume. Depuis combien de temps n’avais-je plus eus de tes nouvelles ? Et combien de temps cette conversation dura-t-elle ? Cinq minutes ! Cinq petites minutes où tu ne m’as rien dis, où j’ai feins d’aller bien. J’ai forcé les rires, je me suis imaginé des sourires, j’ai caché les accrocs de ma voix. Si peu, si peu de ta voix, de ton temps… Et attendre si longtemps pour la prochaine fois, pour une prochaine fois…
Je ne devrais pas, je ne devrais plus. Tout ce que je dis là je ne devrais plus le penser, je devrais le relire avec un rire, le rire d’une personne objective et heureuse. Mais malheureusement je le pense, je le pense plus que tout, et je relis avec douleur, en ravalant un soupir, un étouffant un sanglot…
Mais je ne te reproche rien. A vrai dire, que pourrais-je te reprocher ? La faute n’est à personne. Pas à toi, qui n’est en aucun cas responsable d’avoir fait naître ces sentiments en moi, pas à toi, pas même responsable de ce qui me plaît en toi, car tu es ce que tu es, que tu le veuilles ou non. Pas à moi, qui n’ai jamais désiré ces sentiments, pas à moi, qui étais si heureux lorsque je ne ressentais rien de plus fort que l’amitié.
03 Décembre 2006
Ma décision est prise. Ma décision est faite. Je me dois de l'oublier. Je dois l'oublier. Quelle triste ironie… Devoir dire Adieu à la personne qui nous est la plus chère au monde. Devoir dire Adieu à la seule personne que l'on ne veut pas quitter. La personne pour laquelle on aurait pu dire Adieu à tout le monde, à tout le reste. Adieu aux amis, Adieu à la famille, Adieu aux loisirs, Adieu au monde, pour cette seule et unique personne. La seule personne capable de vous sauver, d'apporter votre bonheur, votre félicité. Cette personne là, vous devez la quitter, la faire disparaître de votre esprit, habitué quotidiennement à son image. La seule clef du monde, l'unique être pour laquelle vous êtes encore en vie, nourrissant de secrets espoirs d'un renouveau, d'un dernier baiser, d'un seul et unique petit mot gentil, d'un seul regard… Loin, désormais loin de vous, elle doit aussi l'être de votre esprit, de vos pensées. Alors tout votre monde s'effondre, alors tout ce qui vous entoure semble vain, fade, inutile, car elle ne fait pas partie de ce décor. La vie ne devient qu'une errance, une longue agonie, une terrible stupeur, une horrible panique, comme le nourrisson pleure, inconsolable, l'éloignement de la mère. Hier encore, je nourrissais longuement le désir d'en finir. Mais si je suis encore là ce matin, c'est uniquement, uniquement, car j'attend une lettre de sa part. J'attend, dans le doute.
Ma décision est prise. Ma décision est faite. Je l'ai revu hier. J'attendais si impatiemment ce moment, et j'ai été incapable d'un seul mot quand je l'avais face à moi. Puis elle est repartie, et je n'ai encore une fois su rien dire. Je n'ai pas su exprimer ma tristesse et ma torpeur, mon amour pour elle, une dernière fois. Elle est partie. Et doit l'être de mon esprit.
- INTERNAT = LONGS COURRIERS -
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A y'est, le nouveau Kaìn V.4.0 est sorti.
Tout nouveau, tout chaud, pourtant C'EST LE MÊME.
Non, il n'a pas chanché.
Pour commencer, là, nous sommes le vendredi 6 octobre, il est 17:25, je suis dans ma chambre d'internat, à Faidherbe, et je m'écoute GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR.
Ouai, ça c'est cool comme début…
Ça montre le PERSONNAGE, tout ça… Parce qu'à partir de cette petite phrase, vous pouvez vous dire « oua, ce gars n'a pas cours le vendredi a 17h, ce gars est en internat à Faidherbe, donc en prépa, et il aime le Post-Rock ».
Et vous auriez raison.
Oui, j'avoue, le vendredi je fini a 16h, ça vous pose un problème ?
Et là, oui, je m'ennuyais tout seul dans ma chambre d'internat. A vrai dire, le boulot c'est pas ça qui manque en PREPA LETTRES (Khâgne Ulm), mais bon, là, une FLEMME phénoménale s'est emparée de tout mon être.
Et je me suis dis, Kaìn, t'as un PC portable allumé devant toi, avec dedans un traitement de texte, ça fait des mois que tu veux refaire ta FICHE parano, c'est le moment. En plus tu t'ennuies, ton voisindechambre-J-LIL 69904 il est pas là.
Enfin bref, là je refais ma fiche, je me bousille même des caractères pour le dire.
Je pense qu'elle se fera en plusieurs jets.
Je sais pas.
Bon, faut bien COMMENCER un jour, alors je vais vous avouer une chose : Kaìn, c'est pas mon vrai prénom.
Ça a même pas rapport avec le Caïn biblique. J'suis pas un ouf dans ma tête moi, je tue pas mon frère.
Bon, en même temps j'ai pas de frère… Mais c'est pas pour ça que je le tue.
Nan, moi j'ai une SŒUR, une grande. Enfin, en âge, parce que sinon j'la dépasse.
Ahaha.
J'en avais marre à la fin d'être le "PETIT"… Cet adjectif m'a toujours suivi, brr, je le HAIS.
« Allez p'tit gô » qu'y m'disait le moniteur de ski dans les Alpes.
« Mon petit lapin » qu'elle disait ma môman.
Et puis au COLLEGE le "petit" fut employé pour désigner ma voix… Ahaha, je me marre, c'est tellement drôle de se moquer des gens à propos de choses pour lesquelles ils ne sont pas coupables et ne peuvent rien faire.
Bande de SADIQUES.
Enfin, ils avaient pas tort quoi …
« Allo, Mme V***** ? - Nan, c'est son fils.»
¤ …tut… tuuuut… tut… ¤
Ça fait toujours plaisir.
Bon, après y'a eu la période « Allo, M. V***** ? - Nan, c'est son fils. - Oh, je t'avais pas reconnu !» Ça, ça fait toujours plaisir.
Alors vala, le Kaìn d'aujourd'hui il a UNE VRAI VOIX maintenant, apparemment. Quant à sa VOIE, j’aimerais tenter l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille après ma Khâgne.
Pis pour le PHYSIQUE y'a qu'à voir la galerie hein, je ne vais pas gaspiller encore plus de caractères que je n'en gaspille déjà pour vous dire que je ne vais pas en gaspiller en vous faisant une description de mon portrait aisément consultable et facilement plus reconnaissable sur une PHOTO. Surtout qu'il n'y a pas grand-chose à dire.
- « Et sinon ?
- Sinon…, Sinon…, j'en sais rien. C'est triste la musique que j'écoute là… Toujours GY!BE, j'en suis a Static, de Lift Your Skinny Fists like Antennas To Heaven, et bientôt ce sera Sleep. Ça me fait penser à toi. Pas forcément pour les paroles - il n’y en a pas - mais la musique me rend triste, et me fait donc par conséquent penser à toi… Tu crois que c'est ça qu'on appelle ΚΑΘΑΡΣΙΣ ? Ça me purge pas, ça m’enfonce… Ce n'est pas mieux, c'est pire. Et pourtant je continu à l'écouter, et pourtant je continu à être triste, tout comme je continu à penser à toi.
Deux syllabes, trois lettres,
Non pas la cause,
Mais la raison de mon Mal-être.
- Hey, tu sais que je n'aime pas quand tu fais cette petite tête là ? Mais moi, comme d’habitude, je ne sais pas quoi te dire… A vrai dire, je ne sais pas trop comment me comporter…
- A vrai dire, plus vraiment besoin de te comporter d'une façon ou d'une autre… Je ne te vois plus. Toi là-bas, Moi ici… Je ne te vois plus, je n'ai même plus ce plaisir… Quelques photos sur mon mur entretiennent ton souvenir, tes textos, ta lettre sur ma table de chevet… Ce sont les seules choses que j'ai de toi, les seules choses qui me font penser à toi. Ce sont les seuls "toi" que je puisse posséder, en réalité. Eux seuls, eux seuls…
"Hélas, ce vide, ce vide affreux que je sens dans mon sein!… je pense souvent : « Si tu pouvais une seule fois, une seule fois, la presser contre ce cœur, tout ce vide serait rempli.»"
- Et tu ne réponds même pas à ma dernière lettre, tu me dis que tu n'as rien à dire en ce moment…
- Et c’est vrai… Je m'ennui toute seule… Je ne fais rien… j'aimerais tellement être avec vous… Vous me manquez tous… Et tu me manques... Mais continu de m'écrire… Écris moi autant que tu veux… Ta dernière lettre m'a beaucoup plue…
- Écrire, oui, mais pourquoi ? Je n'ai à répondre à rien, car tu ne m'as rien répondu. A quoi bon ! Me répéter ? J'aurais peur de te décevoir…
- S'il te plaît, ne m'en veux pas… J'ai beaucoup envie de te lire, mais… tu sais, je garde des lettres que j'ai écrites il y a des années, et que je n'ai pas osé envoyer… Mais je suis désolée de ne pas t'avoir répondu, à toi… Mais à chaque fois que j'essaye, je ne répond pas totalement à ta lettre, et je parle pour ne rien dire…
- Alors parle donc pour ça, parle donc pour moi… Ces lettres sont les seules choses qui me rattachent encore à toi… Je ne te demande pas d'éloges ou d'élans comme je peux t'en donner, car je sais que c'est fini, car tu as voulu arrêter…
- Oui… Je sais… Excuse moi… Tu ne m'as jamais demandé grand-chose, et tu as voulu me donner tant… Mais je n'ai pas su, pas pu, pas voulu accepter… ne m'en veux pas pour ça non plus… Mais encore aujourd'hui, je crois, je sais, que ça n'aurait pas marché, même si, pourtant, j'ai vraiment passé de très bons moments avec toi, et je n'en regrette aucun…
- S'il te plaît, arrêtons là… La conversation je veux dire… Il n'y a de toute façon plus que ça à arrêter entre nous. Ça n'aurait pas marché, soit… Alors n'en parlons plus. Si tu penses que ça n'aurait pas marché, alors oui, ça n'aurait pas marché. Mais n'en parlons plus.
- D'accord…
- Alors Adieu, idole de mon cœur. Adieu.
- A bientôt… J'espère…
- A bientôt… peut-être. »
Jeudi 19 octobre 2006
Je prend soin de ta photo comme j’aurais pris soin de toi. Si un grain de poussière s’y dépose, alors je l’y retire en exhalant doucement mon souffle sur ta nuque, ou le repousse en caressant délicatement ta joue… Je prend soin de ta photo. Et je la regarde continuellement, inlassablement, pensif… Je ne devrais pas. Je ne devrais plus. A quoi bon m’attacher à toi ? Tu me manques. Il m’arrive parfois de ne pas penser à toi, mais dès que ton nom semble parvenir à mes oreilles, dès que les souvenirs remontent à la surface de ma claire conscience, alors je m’efface, alors je m’effondre. Je passe d’un état d’insouciance et de légèreté à un état passif et mélancolique. Mais je ne devrais pas… Je ne devrais plus…
Tu me manques, et je désirerais tant être à tes côtés, partager de nouveaux souvenirs, pouvoir t’écouter et plonger à loisir mes yeux dans les tiens, m’enivrer de ton parfum, de ton haleine, de ta voix… Mais ces désirs sont vains et voués à l’échec. Tu es là-bas, je suis ici. Je suis seul, tu es à ses côtés. Lui, est là, près de toi, pour goûter à ces félicités. Lui, est là pour partager ton sommeil et tes rêves. Tandis que moi, moi, j’erre seul dans ce vaste océan de douleur.
« Vainement, je tends mes bras vers elle, le matin, lorsque mal réveillé encore, je sors d’un pénible rêve; en vain, la nuit, je la cherche à mes côtés, lorsqu’un songe heureux et pur m’a trompé, que j’ai cru que j’étais auprès d’elle sur la prairie, et que je tenais sa main et la couvrais de mille baisers. Ah ! Lorsque, encore à demi dans l’ivresse du sommeil, je la cherche, et là-dessus me réveille, un torrent de larmes s’échappe de mon cœur oppressé, et je pleure inconsolable devant le sombre avenir qui m’attend ».
Alors pourquoi continuer à vivre ainsi ? Pourquoi vivre dans l’espoir d’un jour te revoir ? Pour réaffirmer mes sentiments pour toi, pour les revivifier ? A l’instant même je raccroche le téléphone, à l’instant même je viens de te dire au revoir et te souhaiter la bonne soirée… Si tu savais l’état dans lequel cette brève conversation me met ! Entendre ta voix… Si tu savais tout le bien que cela me fait… Pour me faire du mal ensuite ! J’en aurais embrassé le combiné, et le reposant j’aurais souhaité le claquer. Si je vais bien ? Bien sûr que non ! Et ce n’est pas parce que je te dis que ça va que ça va, bien au contraire. Tu me verrais les larmes aux yeux que je te dirais que je vais bien… J’ai été le seul à te dire que je vais bien ce soir… je suis peut-être bien le seul à réellement aller mal. Car les vérités les plus profondes sont celles que l’on avoue jamais.
Oui, je souhaite t’oublier, ne plus rien ressentir d’autre qu’une certaine heureuse nostalgie en repensant à ton image, non pas une triste amertume. Depuis combien de temps n’avais-je plus eus de tes nouvelles ? Et combien de temps cette conversation dura-t-elle ? Cinq minutes ! Cinq petites minutes où tu ne m’as rien dis, où j’ai feins d’aller bien. J’ai forcé les rires, je me suis imaginé des sourires, j’ai caché les accrocs de ma voix. Si peu, si peu de ta voix, de ton temps… Et attendre si longtemps pour la prochaine fois, pour une prochaine fois…
Je ne devrais pas, je ne devrais plus. Tout ce que je dis là je ne devrais plus le penser, je devrais le relire avec un rire, le rire d’une personne objective et heureuse. Mais malheureusement je le pense, je le pense plus que tout, et je relis avec douleur, en ravalant un soupir, un étouffant un sanglot…
Mais je ne te reproche rien. A vrai dire, que pourrais-je te reprocher ? La faute n’est à personne. Pas à toi, qui n’est en aucun cas responsable d’avoir fait naître ces sentiments en moi, pas à toi, pas même responsable de ce qui me plaît en toi, car tu es ce que tu es, que tu le veuilles ou non. Pas à moi, qui n’ai jamais désiré ces sentiments, pas à moi, qui étais si heureux lorsque je ne ressentais rien de plus fort que l’amitié.
03 Décembre 2006
Ma décision est prise. Ma décision est faite. Je me dois de l'oublier. Je dois l'oublier. Quelle triste ironie… Devoir dire Adieu à la personne qui nous est la plus chère au monde. Devoir dire Adieu à la seule personne que l'on ne veut pas quitter. La personne pour laquelle on aurait pu dire Adieu à tout le monde, à tout le reste. Adieu aux amis, Adieu à la famille, Adieu aux loisirs, Adieu au monde, pour cette seule et unique personne. La seule personne capable de vous sauver, d'apporter votre bonheur, votre félicité. Cette personne là, vous devez la quitter, la faire disparaître de votre esprit, habitué quotidiennement à son image. La seule clef du monde, l'unique être pour laquelle vous êtes encore en vie, nourrissant de secrets espoirs d'un renouveau, d'un dernier baiser, d'un seul et unique petit mot gentil, d'un seul regard… Loin, désormais loin de vous, elle doit aussi l'être de votre esprit, de vos pensées. Alors tout votre monde s'effondre, alors tout ce qui vous entoure semble vain, fade, inutile, car elle ne fait pas partie de ce décor. La vie ne devient qu'une errance, une longue agonie, une terrible stupeur, une horrible panique, comme le nourrisson pleure, inconsolable, l'éloignement de la mère. Hier encore, je nourrissais longuement le désir d'en finir. Mais si je suis encore là ce matin, c'est uniquement, uniquement, car j'attend une lettre de sa part. J'attend, dans le doute.
Ma décision est prise. Ma décision est faite. Je l'ai revu hier. J'attendais si impatiemment ce moment, et j'ai été incapable d'un seul mot quand je l'avais face à moi. Puis elle est repartie, et je n'ai encore une fois su rien dire. Je n'ai pas su exprimer ma tristesse et ma torpeur, mon amour pour elle, une dernière fois. Elle est partie. Et doit l'être de mon esprit.